Archive for février, 2009

« Les amis des modèles en colère »

Dans notre bataille pour la reconnaissance de notre métier, du côté des pouvoirs, et loin des artistes
on entend parfois les intéressés politiques et économiques de la création
affirmer que « l’art plastique basé sur le travail avec le modèle disparaitra », qu’il se trouve déjà « sur la voie
de la disparition », et que « vous – les modèles disparaitrez ! ».
On ne passe pas beaucoup du temps à réfléchir à de tels raccourcis
dont on sait qu’ils n’ont rien à voir avec les vraies tendances
des artistes et du public impliqué artistiquement – mais la lettre
des élèves de la rue Boulard,  publiée ci-dessous fait constater encore une fois
que ce sont les politiciens qui décident que les arts plastiques meurent -  un devoir de mourir !
Avec la conscience du “pouvoir-faire” de la politique, on ne peut qu’être lucides et clairvoyants jusqu’à dire effectivement :
les arts plastiques, et les arts en général, mourraient –
si nous n’étions pas là pour les faire exister et les défendre.
Artistes et élèves, et les modèles aussi, nous tous qui sommes concernés.
Les modèles d’art de Paris - nous sommes impliqués
dans les arts plastiques, dramatiques et chorégraphiques :
nous ne sommes alors pas contre donner la place
aux  acteurs de toutes les disciplines.
Nous allons pourtant revendiquer aussi avec tous
les artistes-plasticiens : pour que leur art – dans lequel
nous sommes engagés – puisse s’exercer dans des
conditions décentes. Puisque l’art plastique mérite cet avoir !
– avec tous ses représentants : artistes, élèves,
professeurs et modèles.
Nous publions ici la lettre
des « Amis des modèles en colère »
qui est parvenue à notre rédaction de la part
de la représentante de l’association des élèves
« Boul’art Sculpture ».


« Les amis des modèles en colère »

Le bras de fer se poursuit depuis la rentrée entre les élèves-sculpteurs et la Ville de Paris pour sauver leur atelier, réquisitionné par Christophe Girard, adjoint de Delanoë chargé de la Culture, pour un cours d’art dramatique.
Foyer de culture à Denfert Rochereau, cet atelier de sculpture existe depuis plus de cent ans rue Boulard.
En échange de 125 m² (deux salles de 54 m² et 40 m², plus le vestiaire des modèles et les sanitaires, 10 m², plus une cave d’environ 20 m²), une salle dérisoire et inadaptée de 30 m² est attribuée aux élèves-sculpteurs pour le modelage à l’école du Boulevard du Montparnasse.
Les élèves ont empêché

par deux fois le  déménagement qui équivaut d’après eux à la liquidation des installations et du matériel de l’atelier Boulard.
Or ce cours de sculpture d’après modèles vivants et de  moulage est l’un des tous derniers de Paris.
Déjà, il y a trois ans, l’ancien cours de sculpture de Place des Vosges - deux vastes salles de modelage de vingt places chacune, plus une salle de moulage - a été brusquement rétréci au tiers de la surface suite au transfert quai d’Anjou, avec abandon d’une grande partie du matériel et diminution par trois de la capacité d’accueil.
Cette sorte d’atelier est donc devenu très rare, le nombre de places très limité.
Il s’agit pourtant de la survie d’une discipline artistique qui s’inscrit dans la tradition vivante de l’art figuratif, depuis les grecs, en passant par Rodin, jusqu’à aujourd’hui, en voie de disparition dans l’enseignement artistique des Beaux Arts.
La mobilisation dont font preuve les élèves, et le soutien du quartier, démontrent leur passion pour la sculpture.
Ils demandent la réouverture provisoire de l’atelier, le temps pour l’administration de leur de trouver un nouvel atelier adapté à leurs activités.
Mais Christophe Girard s’entête dans sa décision, alors qu’il ouvre au 104 rue d’Aubervilliers, dans le XIXème arrondissement, des milliers de m² aux artistes contemporains et des centaines de m² pour les pratiques amateurs.
Lentement, mais sûrement, cet abandon définitif de l’enseignement de la figure qui est à l’œuvre démontre un véritable totalitarisme parmi les responsables de la Culture.
Le fait sera répertorié dans l’histoire et la Ville de Paris en portera la responsabilité, une responsabilité collective.

Cordialement
Dominique Dosne,
Présidente de l’association des élèves « Boul’art Sculpture »
pour la défense de l’atelier de sculpture de la rue Boulard

Pour aider les sculpteurs à sauver leur atelier
et pour le maintient de la pluralité artistique,
venez signer la pétition sur le site : sauvons Boul’art
http://boulart-sculpture.blogspot.com
http://www.petitiononline.com/BoulartP/petition.html

Assemblée générale des modèles des ABA

Notre prochaine AG aura lieu:

le samedi 14 mars 2009
de 10 h à 12 h

à la Bourse du travail
3, rue du château d’Eau 75010 Paris

salle André Tollet
(C’est la salle qui se trouve sur la droite au rez de chaussée, au bout du hall.)

métro République

Bertrand Vincent (syndicat FO)
Nadine Lemoule (syndicat CGT)
Comité des modèles

 

Published in:Info des syndicats et des modèles - AG |on février 23rd, 2009 |No Comments »

Liberté dans le métier de modèle d’art


« Le modèle trouve lui-même ses poses.
(…) Il est à la fois l’auteur, l’inventeur, le créateur, le concepteur de ses poses et le technicien, l’exécutant de ses propres idées.
(…)
Son métier ne le met pas en prise avec des rapports de force, de pouvoir, d’obéissance, des rapports hiérarchiques. Il sait qu’il paye cette place privilégiée, cette liberté, par sa précarité. Il doit cependant réussir à se faire davantage respecter. Il est, de plus, souvent engagé dans une autre quête personnelle artistique (peinture, sculpture, photographie, écriture, cinéma, musique, danse, théâtre, etc.) et il a besoin et a droit de pouvoir consacrer du temps à ses propres recherches. Mieux rémunéré, il pourrait se dégager plus de temps pour progresser dans cette autre voie. Poser comme modèle d’arts plastiques est un métier original. Un beau métier. Précaire certes, et méconnu, objet de fantasmes et de préjugés qui révèlent beaucoup d’ignorance et/ou bien le filtre « pense-petit » à travers lequel leurs auteurs voient la réalité.
C’est un des plus beaux métiers qui soient car son univers est l’Art, son but est l’émotion esthétique, le beau, la liberté, l’être humain dans ce qu’il a de plus vrai, de plus profond, de plus libre. »

________________________________
/citation du texte de Fabienne Gillmann
« Le métier de modèle d’arts plastiques »/

« Sans les modèles, les statues n’existeraient pas » / « Le Parisien » sur notre freeze du 13 février

« Depuis leur manifestation choc en décembre dernier, (…)
leurs revendications sont les mêmes », informe le journal.
- «
Christophe Girard, adjoint au maire de Paris
chargé de la culture, a écrit à la ministre
de la Culture afin que
l’État crée un statut de modèle. »

Téléchargez ce court article ici
Freeze devant l’Hôtel de Ville

Published in:Presse |on février 18th, 2009 |No Comments »

Il faut en manger du modèle vivant pour progresser !


Le modèle nu n’aurait plus sa place aujourd’hui dans les ateliers d’art ?

Penser cela c’est déjà ne pas avoir compris le rôle du modèle dans les ateliers d’art.
C’est croire que celui qui dessine ou qui peint un corps a pour but unique la représentation humaine.
Or ça va bien au-delà.
Dans toutes les écoles d’art, on apprend à l’étudiant le dessin d’observation qui lui sera utile à tout, qu’il devienne peintre, graphiste publicitaire, architecte, styliste de mode, ou encore céramiste… Travailler d’après modèle vivant est un des meilleurs moyens pour étudier les notions fondamentales telles que la ligne, les volumes, la perspective, la lumière, la mise en page, et l’expression. Au fil des séances et poussés par des contraintes de temps (2 minutes, ¼ d’heure, etc…), les étudiants aiguisent leur regard, apprennent à analyser rapidement une image, ce qui leur sera essentiel, même pour ceux qui travailleront plus tard devant un écran d’ordinateur, ou bien une forme d’art abstraite, ou conceptuelle.

Si l’on supprime  les modèles des cours, il nous restera la nature morte comme sujet d’observation, mais ce n’est pas comparable. Il s’agit du corps humain, notre premier modèle d’observation à tous.
Chaque pose est unique, l’instant reste éphémère, il s’agit de capter le vivant !  Une nature morte ne remplacera jamais un modèle vivant.

Je dirais aussi que le modèle, sa présence, le rythme qu’il impose (car les poses sont chronométrées) est un moteur de travail. Les séances de travail d’après modèle vivant sont intenses, sportives même et demandent de la concentration à celui qui dessine. C’est une course contre la montre qui ne laisse pas de place à la flânerie. Quelqu’un est là qui pose pour moi, je ne peux pas me laisser aller et m’endormir. J’agis, je dois me jeter dans le travail, on verra bien après. Et après il y aura une pile de dessins et dans cette pile il y aura du bon et des « poubelles » mais j’aurai produit, et c’est ce qui est important car c’est comme ça qu’on avance, qu’on casse ses habitudes, qu’on se laisse surprendre. Il faut en manger du modèle vivant pour progresser ! C’est sans doute aussi pourquoi ces séances plaisent tant.

Pour conclure, le modèle a sa place aujourd’hui dans les ateliers d’art car :

  • il reste indissociable du dessin d’observation ;
  • il sera toujours notre premier sujet de questionnement ;
  • il est un moteur pour celui qui travaille.

Atika Branki, artiste-peintre, modèle et professeur de dessin

La banque d’images de Maite Soler

Maite Soler est modèle et photographe.
www.maite-soler.com

Cette banque d’images est en cours de construction. Elle suit notre actualité collective. Maite regarde également chacun d’entre nous, au fil des occasions, des rendez-vous et des rencontres dans les ateliers… Si vous êtes modèles des Ateliers Beaux-Art de la Ville et que vous souhaitez paraître dans la banque d’images : contact.

les Modèles de Paris

À la sortie de l’AG du 31 janvier 2009.

Les photos seront mises en ligne au fur et à mesure…
Elles sont disponibles en haute définition directement auprès de la photographe.

 (Cliquer sur l’image de votre choix pour l’agrandir.)

salvatore Spada  Gaëlle Durand  Maria Clark
Salvatore Spada, Gaëlle Durand, Maria Clark

Marie-José Grosperrin  Marie-José Grosperrin
Marie-José Grosperrin

genevievebachelier.jpg  Geneviève Bachelier
Genevière Bachelier

 

Published in:La banque d'images |on février 15th, 2009 |No Comments »

Action des Modèles d’Art devant l’Hôtel de Ville

Manifestation
des Modèles d’Art de Paris
devant l’Hôtel de Ville,
13 février 2009

Toujours sans réponse
à notre demande d’audience
à monsieur Christophe Girard,
adjoint au maire de Paris
chargé de la culture.
Nous sommes montés alors sur la grille,
sous l’œil bienveillant des statues…

compo1.jpg

Les photos ont été prises par :
Maite Soler et Anne-Marie Vesco

Published in:Actions |on février 14th, 2009 |No Comments »

Le Métier de modèle d’arts plastiques

« Le Métier de modèle d’arts plastiques », un manuel destiné aux curieux, aux ignorants, aux sympathisants et accessoirement à tous ceux qui prennent le modèle pour une potiche !, écrit par Fabienne Gillmann, est disponible ici (cliquer pour télécharger le pdf).

Les happenings 15+ou-1

15+ou-1 est un événement artistique, sous forme de happening participatif, qui se déroule dans l’espace public une fois par mois.

Né des revendications sociales des modèles physiques, il fédère les collectifs  Modèles de Paris (les modèles des Ateliers beaux-arts de la Ville) et CoMBA (modèles de l’Ensba), ainsi que tous les modèles et sympathisants.

Quand - Où : le 15 (le 14 ou le 16) de chaque mois rendez-vous sur la place Saint-Germain-des-Prés à 12 h 30.

L’histoire :
Suite à l’action du 15 décembre 2008 où les modèles des Ateliers beaux-arts de la Ville revendiquent la reconnaissance de leur métier par leur employeur (la Mairie de Paris) en manifestant dans la cour de la Direction des affaires culturelles, les modèles de l’Ensba étant dans une situation similaire auprès de leur employeur (l’État) décident d’initier ce rendez-vous mensuel et de le proposer comme événement fédérateur des collectifs et des individus.

les dates :

le jeudi 15 janvier : Happening-1 –  voir ici.
le samedi 14 février
: Révérence déambulatoire. « À l’amour du métier » – voir ici.
le samedi 14 mars : Happening-3
(Les précisions et le calendrier seront communiqués ultérieurement.)

Published in:Uncategorized |on février 8th, 2009 |No Comments »

Happening_2

« Donner au métier de modèle ses lettres de noblesse »

Les modèles de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (collectif CoMBA) soutenus par les modèles des Ateliers beaux-arts de Paris (comité Modèles de Paris) sortent de leurs ateliers pour le 2e happening participatif « 15+ou-1 ». Ils invitent les modèles des autres structures et ateliers et tous les sympathisants à les rejoindre autour du 15 de chaque mois pour soutenir le mouvement des modèles visant à une reconnaissance financière et éthique de leur métier.
Ils demandent à cet effet le doublement de leur salaire (actuellement dérisoire) et un statut approprié, s’appuyant sur une charte du métier. Ils rejettent la vision passéiste et misérabiliste que l’on porte sur eux pour au contraire, riches de leur passé, s’ancrer de plein pied dans l’histoire de l’art contemporain et de l’enseignement artistique actuel.


Á Dina Vierny, muse du sculpteur Aristide Maillol

Published in:Uncategorized |on février 8th, 2009 |No Comments »


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