A l’occasion de la journée de grève du 19 mars 2009, les modèles des Ateliers Beaux-Arts ont fait connaître leur engagement par des interventions artistiques pas seulement en vue de se faire entendre de la direction des ateliers.
Considérant qu’il existe un fort engagement moral envers les élèves et les enseignants des Ateliers Beaux Arts, ils ont décidé de ne pas s’ absenter cette fois des lieux d’enseignement et de création.
Leur engagement pendant cette journée-là, signe un mécontentement venant d’une situation toujours autant négligée par la DAC, la solidarité avec les manifestants se prononçant de plusieurs façons.
- Oui, on Est en colère – déclare une des modèles. – Alors il faut l’affirmer par notre présence aux ateliers. J’AI DONC DECIDE POUR MA PART DE VENIR AU COURS ET DE ME COUVRIR ENTIEREMENT LE CORPS, LA TETE POUR « EMPECHER L’ACCES A MON CORPS NU » (…) et par la suite (…) je suis restée debout dans une forme inerte, la tête entièrement couverte d’un voile rouge pour faire comprendre que la direction nous empêche de nous exprimer : on a le choix entre se taire ou se taire, vacataire ou…vacataire!! Durant l’audience du comité des modèles avec M Christophe Girard, adjoint au maire à la culture, ce dernier a affirmé que nous ne travaillions pas « pour la ville » - les A.B.A (Ateliers Beaux Arts) dépendent pourtant de la D.A.C (Direction des Affaires Culturelles de la Ville, gérés administrativement par une collectivité locale. (…) la vacation comme unique moyen de gestion des modèles salariés semble cependant convenir à M. Girard, car il estime que nous sommes des personnes extérieures, libres de leurs heures, cumulant les employeurs . Dans ce cas, puisque nous sommes des intervenants artistiques extérieurs, cela doit être revu à sa juste valeur comparativement à la concurrence : la qualité correspondante en matière de salaire selon une vraie revalorisation conformément au code du travail (tout salarié a droit à un contrat) . Durant l’audience, M Girard a légitimé la réponse d’un non-statut des modèles, sans possibilité de contrat .La vacation ne constitue pas un vrai contrat - c’est une feuille d’engagement signée après avoir travaillé, le salaire étant rémunéré ensuite avec 1 mois de décalage. A quoi bon faire l’effort de s’investir dans des poses recherchées respectant les attentes exigentes d’un savoir faire, si même l’information nous est occultée ?
…”Aussi pendant les poses, je jouerai avec des matières opaques et des transparences pour répondre à l’opacité des informations venant de la Dac et de notre direction en général (A.B.A) et à leur manque de transparence” – continue le modèle (…) Je ferai jouer mes mains gantées ou nues dans un duel artistique, pour mieux faire entendre et rire de cette désinformation massive et absurde, de la part d’une direction qui ne reconnaît toujours pas notre “activité” comme un métier . Modèle d’Art. Modèle d’intervention artistique, non pas “divers P. spéciaux”.
Hier, pendant les ateliers à la Sévigné, Jouant ainsi avec les masques symbolisant la stratégie de la direction et sa politique culturelle, la performeuse-modèle a réussi à susciter l’attention et une réflexion profonde des participants des cours.
- Mon travail a été apprécié et le message est passé – elle exprime. - J’ai constaté le soutien toujours présent des élèves, et appris à cette occasion qu’un cornet existait lors des mariages en mairie, et que la mairie ne l’interdisait pas… ce sont les agents des mairies qui touchent ce cornet [ rappel: le sujet du déclenchement de la lutte des modèles d’art de la Ville de Paris].
Aux Ateliers de la Ville de Paris à Montparnasse une création-robe, issue de la manifestation récente des modèles était laissée et accrochée sur le panneau d’information…

Cette “robe de création” exprime les états d’esprit parmi les modèles d’art
toujours en attente de la reconnaissance de leur métier.