Archive for juin, 2009

Rejet des « amateurs confirmés » aux Ateliers Beaux-Arts : les élèves s’insurgent !

à Bertrand Delanoë, maire de Paris,
Hôtel de Ville, 75196 Paris Cedex 04

REJET DES « AMATEURS CONFIRMÉS » AUX ATELIERS BEAUX-ARTS : LES ÉLÈVES S’INSURGENT !

Qui d’entre nous, arrivant le soir aux Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris, n’a pas rêvé de s’adonner à sa passion avec facilité et plaisir ? Qui d’entre nous, malgré la fatigue d’une journée de travail, ne s’est pas senti porté par l’envie de graver, dessiner, sculpter, peindre ?
Mais nous découvrons d’emblée (à vrai dire, nous le savions déjà) que nous avons quitté un travail pour un autre. Que la gravure, le dessin, la peinture, la sculpture sont une conquête obstinée bâtie sur la longueur, la persévérance, l’humilité. Que cet apprentissage en atelier n’a rien du cours perfusé où un professeur-nounou nous guide pas à pas. L’art implique l’être. Nous apprenons donc à être face à nous-mêmes. Et cela aussi est une conquête.
Si elle a lieu, c’est grâce à l’échange.
Car l’atelier est un lieu d’échange. Entre les élèves et leur professeur, d’abord. Il est le passeur privilégié qui nous initie, nous transmet son savoir, nous accorde aussi, généreusement, une approche de sa pratique d’artiste – apport irremplaçable.
Mais la circulation se fait également entre les élèves, anciens et nouveaux. Tous, nous découvrons et nous progressons en faisant appel à ceux qui sont plus avancés. Leur apport nous encourage et nous stimule, puisqu’ils ont surmonté les difficultés auxquelles nous nous heurtons. Cette pratique, cette émulation collectives se bâtissent dans la durée.
Ce rapprochement entre les pratiquants confirmés et les nouveaux venus sous la direction d’un artiste, d’un professeur, est une des grandes forces de nos ateliers. Il en constitue pour une large part l’attrait, la richesse pédagogique et la convivialité. Cette alchimie si particulière se fonde avant tout sur le libre choix du professeur. C’est lui qui œuvre sur le terrain, en « première ligne ». Sa pratique quotidienne lui confère, plus et mieux qu’à tout autre, une vision d’ensemble de l’atelier, de sa marche. C’est à lui que revient la prérogative de décider des inscriptions et réinscriptions de ses élèves. Et aucun d’entre nous ne conteste, ni ne remet en cause cette autorité artistique et pédagogique fondamentale.
Nous sommes des amateurs passionnés. Nous venons le soir, malgré la fatigue du travail et des transports ; malgré les interruptions dues aux exigences professionnelles ou aux vacances scolaires, qui grèvent notre progression ; malgré les restrictions sur les fournitures ; malgré la complexité et la lenteur inhérentes à certaines disciplines. Certes, venir est un bonheur. Mais aussi une preuve d’endurance. En aucun cas, ce n’est un privilège ! Chaque année, beaucoup abandonnent la partie : un nombre restreint de nouveaux se joint durablement aux anciens en dépit d’un renouvellement important des effectifs. Tous tant que nous sommes, nous ne prenons la place de personne. Avec les professeurs et les modèles, nous faisons vivre les Ateliers Beaux-Arts.
Alors, pourquoi nous priver de la possibilité de progresser, d’avancer aussi loin que nous en sommes capables ? Pourquoi dynamiter le fruit de notre travail collectif ? On ne devient pas peintre, dessinateur, graveur, sculpteur, en 3 ans, ni même en 6 ! Si nos ateliers ont acquis une bonne réputation, c’est parce que nos professeurs ont eu depuis longtemps l’intelligence de compenser le caractère limité d’un apprentissage en cours du soir par le renouvellement des inscriptions dans la durée. C’est aussi parce qu’ils savent que les « amateurs confirmés » sont un stimulant et une aide pour les débutants.
Si nos ateliers deviennent un simple lieu de passage pour dilettantes inconstants, ils cesseront d’être formateurs et attractifs. Les artistes et professeurs qui ont la charge d’y enseigner des disciplines artistiques, d’y transmettre des savoir-faire, seront privés de leur pouvoir pédagogique légitime pour ne devenir que des animateurs de patronage.
Donc, les candidats à une « formation » aux Ateliers Beaux-Arts n’auront plus de véritable possibilité d’apprendre.
Les inciter à s’y inscrire relèvera de l’imposture.
Les Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris n’y survivront pas. Et ils ne feront même pas un beau cadavre.
La décision arbitraire de la Ville de Paris, consistant à refuser les réinscriptions et à rejeter les « amateurs confirmés », est absurde. Et nous la contestons !

Action des Modèles de Paris, les 5 et 6 juin 09

 Dans les Ateliers Beaux-Art de la Ville, pendant les journées portes ouvertes :

poses collectives et silencieuses,
déambulations,
lectures de texte sur le métier de modèle,
distribution de tracts dénonçant la précarité de notre condition.

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 Pour les journées portes ouvertes des ABA, nous avons investi trois de nos lieux de travail (les écoles de la Glacière, de Montparnasse et de Sévigné) à la rencontre des élèves et des enseignants avec qui nous travaillons, ainsi que des nouveaux venus, curieux de découvrir les écoles d’art de la Ville, dans lesquelles le modèle n’a toujours pas obtenu la reconnaissance de son métier !!!

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 Portraits serrés - cliquer sur la photo pour l’agrandir.

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Les Modèles de Paris remercient Hicham Chikhi et Maryse Sollelis pour ces photos prises le 5 juin, lors de l’action à l’école de Montparnasse.

Published in:Actions |on juin 13th, 2009 |No Comments »

Actions pendant les journées portes ouvertes, les 5 et 6 juin 2009. Toujours sans statut ni rémunération digne

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“Modèle pas cher”
- parce que…

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Modèle - “ce n’est pas un métier”…?

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Modèle - silencieux…?

Modèle - impératif: “inspirer”!

blogimg_7625_333×500.jpg Modèle - en action

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MODÈLES - toujours en LUTTE


_________________
Le comité de Modèles de Paris
remercie
HICHAM CHIKHI (photos)
d’avoir suivi la manifestation


Published in:Actions |on juin 9th, 2009 |No Comments »

« Provoquer une émotion, douce ou violente » (Marianne Blech)

« Peindre - parce que les images dans la tête
ont besoin d’espace pour trouver leur place.
Peindre pour provoquer une émotion,
douce ou violente »
- écrit Marianne Blech,
modèle et peintre,
qui associe ces deux activités artistiques
en travaillant comme modèle
dans les Ateliers des Beaux Arts de la Ville de Paris
et en créant ses œuvres,
qui vont être exposées actuellement à Sainville.
Le vernissage de l’exposition collective
(peintures et les sculptures mises en scène par Srecko Boban)
– vendredi 12 juin.
L’exposition sera ouverte pendant deux weekends :
13-14 et 20-21 juin.

Site d’artiste peintre&modèle :
www.marianneblech.com

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