Archive for the 'Les modèles d'Aujourd'hui - écrits et créations' Category

“Painter and model” - live performance de Yingmei Duan (”Since 5 years I have been nacked model in many drawing courses. With the time the job becomes a part of my life”)

Yingmei Duan est une artiste, performeuse et modèle d’art, née en 1969 en Chine. Aujourd’hui, elle travaille en Braunschweig. C’est par l’intermédiaire de l’association Art Levant (qui a aussi publié dernièrement dans son magazine le texte de notre blog sur le modèle contemporain) quz nous avons reçu les informations sur sa démarche liant souvent l’installation et l’art corporel.

Live performance Painter and Model a été présentée en 2006.

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/photo: Juergen Bernhard Kuck/

“Since 5 years I have been nacked model in many drawing courses. With the time the job becomes a part of my life” - écrit l’artiste, modèle et performeuse. - “According to the drawing exhibition AKTE SPUREN MENSCHEN of Helge Karnagel, with him I do one performance about his drawing. Karnagel has already drawn nacked model all his life. A lot Easels are everywhere in the galerie area and an installation is developed. Constantly I question him about his drawings during I do model. The public can know not only, but also experience, how he draws”.

Plus d’info sur la création de cette artiste

Le lien direct vers la page de la performance Painter and Model

« Provoquer une émotion, douce ou violente » (Marianne Blech)

« Peindre - parce que les images dans la tête
ont besoin d’espace pour trouver leur place.
Peindre pour provoquer une émotion,
douce ou violente »
- écrit Marianne Blech,
modèle et peintre,
qui associe ces deux activités artistiques
en travaillant comme modèle
dans les Ateliers des Beaux Arts de la Ville de Paris
et en créant ses œuvres,
qui vont être exposées actuellement à Sainville.
Le vernissage de l’exposition collective
(peintures et les sculptures mises en scène par Srecko Boban)
– vendredi 12 juin.
L’exposition sera ouverte pendant deux weekends :
13-14 et 20-21 juin.

Site d’artiste peintre&modèle :
www.marianneblech.com

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Vernissage de modèle & photographe Horacio Arance


Invitation

Nous avons le plaisir d’inviter tous les modèles,
les artistes et les professeurs de nos ateliers,
ainsi que tout le public
au VERNISSAGE des PHOTOGRAPHIES
de Horacio Arance
(modèle & photographe).

Le vernissage est prévu pour ce dimanche,
10 mai, de 17h à 19h
au « Zagros »
(58, Boulevard de Ménilmontant
75020 Paris).

L’exposition
va continuer jusqu’à la fin de mai.

« NO FALTEN! »
(Horacio Arance)

 

On se bat et on s’enchante…

 

…Comme tous les artistes.

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(AB)

Continuant notre lutte
pour que le métier de modèle soit reconnu,
nous vous invitons aussi
dans les beaux endroits, où on peut voir des choses qui le méritent.
Voilà une des invitations :
« 3è Salon d’Art de Saint-Germain-en-Laye ».
Parmi les œuvres : des peintures
d’Atika Branki,
artiste, professeur de dessin
et modèle.

Vernissage:
au « Manège Royal »
(Place Royale à Saint-Germain-en-Laye) -
le vendredi 27 mars à partir
de 18h30 à 21h30.
Entrée libre à l’exposition, du mercredi au dimanche de 13h à 19h.
Le Salon durera
du 28 mars au 26 avril.


Les peintures d’Atika Branki
et les tebleaux
de Fabienne Gillmann
(modèle, peintre et écrivaine)
seront exposées aussi le 28 et 29 mars
au « Lions Club », qui organise une exposition
de peintures, dessins et gravures
à la Salle Ravel à Vélizy
(25, avenue Louis Breguet)

Le Métier de modèle d’arts plastiques

« Le Métier de modèle d’arts plastiques », un manuel destiné aux curieux, aux ignorants, aux sympathisants et accessoirement à tous ceux qui prennent le modèle pour une potiche !, écrit par Fabienne Gillmann, est disponible ici (cliquer pour télécharger le pdf).

C’est le XXIème siècle…! Le modèle d’aujourd’hui


« Murs gris de l’atelier où rien ne semble avoir changé
depuis un siècle »… ! « Métier beau et… pénible »…!
« Oublier ceux qui continuent inlassablement
à poser »… ! « Nostalgie passéiste »… ! Et enfin,
pour finir: « Les damnés de la pose »… !
Cet article est une réponse à la vision offerte
et produite dernièrement par les médias,
vision sans doute très « vendable »,
présentant une image du modèle
issue directement des romans du XIXe siècle… 
 

 C’est le XXIème siècle… !
Le modèle d’aujourd’hui

Les belles et poétiques descriptions parlant des « ateliers gris », d’« un travail pénible dont les réalités font penser à celles du XIXe siècle », apparaissent comme un morceau délicieux pour le lecteur de la presse…  et sont aussi très tentantes pour les créateurs des textes.
Déchaîner et faire ressentir la nostalgie à un lecteur qui ne cherche pas seulement à s’informer, mais aussi à s’émouvoir est pour un journaliste une tentation irrésistible.
La vision d’un modèle, tirée d’un roman d’un autre temps, qui stimule l’imagination, est en effet très attirante, et… n’a pourtant rien à voir avec la réalité.
- « Vous êtes une relique du passé ! », pourrait-on nous dire après avoir lu de telles descriptions du travail qui s’exerce dans les ateliers et pendant les cours d’art plastique.
- « Comment défendre un métier dont on penserait qu’il serait condamné à disparaitre avec les nouvelles technologies …?! »

APRÈS TOUS CES CONSTATS, IL FAUT ENFIN DIRE CLAIREMENT : LE MODÈLE CONTEMPORAIN N’EST PAS CE QU’ON LUI ATTRIBUE ET QUI EST SUGGERÉ DANS CERTAINS TEXTES DE LA PRESSE OU LES EMISSIONS DE RADIO.
LE MODÈLE CONTEMPORAIN N’EST PAS UNE RELIQUE MENACÉE PAR L’EXISTENCE DES NOUVELLES FORMES D’ART, DE MÊME QUE LES NOUVELLES FORMES D’ART NE MENACENT PAS LES FORMES « TRADITIONNELLES » ; LE MODÈLE CONTEMPORAIN EST UN ARTISTE QUI POSE SOUVENT POUR DES CRÉATEURS PRODUISANT DES IMAGES AVEC LES NOUVEAUX MOYENS DE LA TECHNIQUE CONTEMPORAINE : SOUVENT, IL POSE POUR DES PHOTOGRAPHES-ARTISTES, CREATEURS DE VIDEOS, D’INSTALLATIONS, ET LES ARTISTES ASSOCIANT DANS LEUR DEMARCHE LES NOUVEAUX MODES DE L’ART, INVENTÉS DANS LA SOCIETE CONTEMPORAINE.

Souvent, les modèles coopèrent aussi avec les chorégraphes, et s’engagent dans les créations et les démarches des différents artistes dont le travail aborde la représentation de l’image du corps.
Les bons modèles, appréciés lorsqu’ils posent pour les arts « traditionnels » (le dessin, les tableaux ou la sculpture), sont très recherchés par les créateurs des arts employant les nouvelles techniques – et l’existence de ces nouvelles techniques  ne supprime NI NE DIMINUE le besoin qu’un  artiste – serait-il peintre ou vidéaste – a du modèle : qu’il s’agisse des créations réalisées avec les moyens dits  « traditionnels et vieillots » (!) ou les moyens contemporains. 
Les mêmes auteurs de ces constats, enfermés dans leur représentation du passé, en évoquant « la disparition du besoin de modèles » (peut-être des peintres aussi…?!) et qui nous regrettent et « dessinent » les images des ateliers gris et à l’ambiance pénible, ne peuvent pourtant pas ignorer ce fait qui va leur sembler bizarre : que les créateurs utilisant les nouvelles technologies (vidéastes, photographes, auteurs des installations, et les autres artistes contemporains) font naturellement appel aux modèles – et d’autre part c’est par les créateurs utilisant les moyens « traditionnels » qu’on est toujours le plus demandés.
On peut facilement poser neuf heures par jour – mais cela, seulement un morceau du bois sans l’âme, sans rêve, sans tendon ni chair et sans sa propre créativité - qui assure la créativité comme modèle - pourrait faire pendant les mois.
Puisque poser est un métier exigeant et Intense (à partir de certain nombre d’heures par jour chaque travail du modèle – d’un enrichissement – deviendrait une souffrance. Tous ceux qui connaissent et apprécient réellement ce métier, connaissent également ses exigences : combien parmi nos détracteurs seraient prêts à une seule séance ou il faut tenir une pose pendant plus que dix minutes… ?)
Pour résumer : cessez, s’il vous plait, les avis et les regrets de notre disparition.
Parce que la peinture, le dessin et l’art sculptural existent depuis l’antiquité et ils existeront toujours.
L’écho que le mouvement des Modèles de Paris a suscité dans le monde entier, et les réactions de la presse mondiale, le prouve. Aux yeux du monde, Paris continue d’être le lieu où les gens viennent voir de la peinture, de la sculpture, des tableaux, et où ils espèrent à progresser artistiquement ou à s’immerger dans la chaudière bouillonnante de la création : une capitale des arts plastiques - et dire que c’est là où on annonce au monde qu’ils meurent… !


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Balladyna « Fleur de la Tempête »
/ chorégraphe, chanteuse expressionniste&créatrice des spectacles,
modèle posant pour les Beaux Arts et les arts  « nouveaux » /
www.balladyna-z-nozem.com

L’art corporel du modèle contemporain : mon expérience / par Maria Clark /

 

Si je tiens ici à livrer mon témoignage, c’est qu’il me semble essentiel de rappeler
que le modèle physique, source d’inspiration du vivant, a sa place justifiée
dans le paysage de l’art contemporain.
Les arts actuels ne sont pas seulement les « beaux-arts » ;
et les « expériences artistiques » relèvent également du champ esthétique…

Je vis mon activité de modèle comme celle de ma pratique de performeuse : une série d’actes militants, uniques et créatifs.
Le sens et la direction de mon travail, mon engagement physique et psychique, la mise en relation esthétique des formes, des lignes et des espaces, mon état d’être (ou de présence au monde) sont en effet similaires.

Être modèle du vivant, dans le sens d’un Body Art
Le Body Art, ou art corporel, est défini comme étant « un ensemble de pratiques artistiques effectuées sur et/ou avec le corps ».
L’esthétique de la présence du modèle pourrait-elle s’engager dans cette définition ? La position du modèle est ambiguë. « Au service » de l’artiste qui va utiliser sa force de proposition pour créer, le modèle est pourtant sur l’instant même de sa présence tel un performer, en « pratique artistique » – du moins c’est comme cela que je le vis.
(Il y a certainement autant de possibilités d’aborder ce métier qu’il y a d’individualités et d’intimités. Chaque modèle a son style, sa façon « d’être » du métier).

J’ai eu personnellement la chance de travailler plusieurs années avec le peintre Daniel Riberzani qui reconnaissait l’importance de mon engagement dans cet instant spécifique de la rencontre créative entre le modèle et le peintre. Il a toujours parlé de « notre » travail.
J’étais, à cette époque, très militante dans la lutte pour les sans-papiers et j’arrivais au séances de travail chargée de colère. Daniel était également dans une colère sociale.
Notre travail a finalement consisté à mettre en relation nos deux états intérieurs de violence, dans le sens positif du terme – celui qui fait bouger les choses – dans un processus alchimique de création : moi avec mon corps, lui avec ses crayons.
Les dessins qui existent de cette période sont à mon avis les meilleurs qu’il ait réalisés avec moi. En tout les cas, ce sont ceux dans lesquels je trouve la plus forte résonance de ce que j’ai créé par l’affirmation de mon corps en tant que « corps incarnant, gage d’une fusion de l’art et de la vie ».

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dessin de Daniel Riberzani

Finalement, je définirai deux moment clés qui font œuvre :
- Le moment de l’acte créatif, « l’événement de l’œuvre », celui de la performance du modèle, de sa rencontre avec le peintre ; création vouée à disparaître.
- La finalisation, « l’avénement de l’œuvre », une création différente de la première ; celle qui reste.
C’est effectivement le peintre (le sculpteur ou le photographe) qui réalise cette trace. Il a donc tous les honneurs de l’artiste, ce qu’il est, nous sommes bien d’accord. Mais, le modèle lui n’aurait-il servi qu’à réaliser cette œuvre-là ? Celle qui finalement sera accrochée dans les musées…
Et si, à l’heure où le champ de la performance et de l’art s’est considérablement élargi, le moment de l’expérience performative du modèle était lui aussi considéré comme faisant œuvre ?
La pratique contemporaine du modèle pourrait peut-être enfin remettre en question les idées classiques et passéistes si présentes dans l’imaginaire collectif, et que le modèle se trimballe malgré lui.

Maria Clark, modèle-performeuse
www.mariaclark.net

Le comité Modèles de Paris rend hommage à Dina Vierny

Nous apprenons aujourd’hui le décès de Dina Vierny, modèle ayant marqué l’histoire de l’art de son nom, à tout jamais lié à celui d’Aristide Maillol.

Ayant également posé pour d’autres artistes comme Matisse, Bonnard ou Dufy, Dina Vierny fût une femme engagée tout au long de sa vie. Passeuse d’antifascistes à la frontière espagnole pendant la Seconde Guerre, elle s’engage pour l’art en 1947 après la mort de Maillol en ouvrant sa propre galerie et en faisant ainsi connaître (notamment) l’œuvre de Poliakoff, des peintres du groupe Cobra, sans oublier les artistes de son pays d’origine (elle est née à Odessa) découverts dans les ateliers de Moscou dans les années 1960 : Kabakov ou encore Boulatov.

L’inspiratrice du sculpteur Aristide Maillol incarnait donc la muse dans toutes ses dimensions : modèle des œuvres de celui-ci et fidèle collaboratrice, elle avait su pérenniser et promouvoir l’œuvre du sculpteur non seulement par le don qu’elle fît à l’état en 1964 des sculptures exposées en plein air dans les jardins des Tuileries, mais aussi par sa fondation puis l’ouverture du musée Maillol dont la programmation a également (re)fait découvrir au public d’importants artistes parfois quelque peu oubliés, comme dernièrement Séraphine de Senlis.

À l’heure où notre comité met en place des forums de réflexion sur ce métier, afin d’établir au final une “charte du modèle”, le témoignage précieux de Dina Vierny (que nous comptions recueillir) nous manquera regrettablement.

En tant que modèles, en tant que collaborateurs quotidiens des artistes, et surtout en tant que personnes attachées à défendre et faire reconnaître ce beau métier, le comité Modèles de Paris rend hommage à celle qui a ouvert une voie dans la sphère publique aux « statues sans statut » que nous sommes.

Magali Aviet, modèle.

Écouter l’émission diffusée sur France Culture

Profession modèle vivant / suivi de Fragment intime d’une séance

Par Pascaline Denimal,
modèle, danseuse et chorégraphe

Le modèle : son rôle, ses influences,
ses conditions d’existence.
Être modèle, ce n’est pas seulement être
nu mais savoir se mettre à nu.

Figure emblématique de l’identité artistique, le modèle est une personne dont la sensibilité, les qualités d’expressions et les vertus empathiques se doivent d’être particulièrement développées.
Car s’il n’est reconnu en tant qu’artiste, le premier rôle du modèle à l’instar d’une prestation scénique est de saisir l’esprit d’une audience, d’un lieu, en l’occurrence de l’Atelier et à travers l’essentiel de sa perception de cristalliser corps et formes pour donner à voir et à dessiner in vivo.
Provoquant le regard inconscient et collectif du spectateur, il crée un impact puis joue avec l’idée de nudité et l’ambiguïté qu’elles confèrent de représentations corporelles d’une société.

Simultanément sa présence initie un processus d’inspiration, installe un climat propice à l’absorption.
Vecteur de concentration, qui apaise, rafraîchi, suspend le regard, invitant le chercheur à prendre de la distance avec lui même, distance nécessaire à l’ouverture du canal des perceptions, son énergie créé du champ en réconciliant le soi et l’altérité, le Moi profond et le Moi social. En cela le modèle est véhicule de l’œuvre et rend un service public universel incontestable.

Incarnation de la genèse humaine, sa nudité convoque un espace intemporel reliant l’artiste à sa propre intégrité et à sa dimension de grand observateur du vivant. Qu’il soit immobile ou en déplacement dans l’espace, cette mise à nu appelle les forces de vie à se manifester en silence.
Il n’est pas de hiérarchie dans l’Atelier mais échanges et complicités, circulations d’énergies et successions d’états partagés dont tout témoin non initié à ce voyage singulier ne peut en pressentir l’alchimie. Car, par la voie intuitive de ses grâces, le modèle doit paradoxalement, à travers son expression, cultiver une forme d’invisibilité pour ainsi dire « se faire oublier » au service de la matière.
C’est pourquoi il existe un mépris du modèle et que son existence est bien souvent occultée.
On parle d’une œuvre mais on se soucie peu de son support original, qui plus est lorsqu’il est vivant.
Pas de droit à l’image, de droit de perception sur les ventes, pas de définition du métier donc pas de statut social.
Le modèle est mis au rabais du marché de l’Art, sacrifié au nom de l’ingratitude généralisée.
La position la plus enviable et la plus fréquente qui lui soit idéalement assignée est de devenir la compagne ou le compagnon de l’Artiste.
Parce qu’il est présence du vivant, à la fois émetteur et récepteur, corps mis à nu, exposé en silence dans l’exercice de son travail à d’extrêmes limites physiologiques et psychologiques, livré aux énergies parfois tumultueuses de la transe créatrice, au froid , aux tensions accumulées, il ne peut être négligé ; est-il besoin de rappeler que tout le monde ne peut devenir modèle, qu’il ne peut s’agir d’une occupation de dilettante ?

Non, le choix de ce métier est un choix de convaincu de la nécessité et de la fonction du vivant dans l’Art pour le devenir de notre société ; la mise en jeu de la nudité en public autrement dit vivre nu* enseigne absolument sur la nature humaine, puisque cette pratique nécessite une ouverture et une mise à l’épreuve de valeurs culturelles contemporaines, doublées d’une  endurance physique et psychologique.
Ne serait-il pas temps de comprendre que l’intelligence prend sa dimension à la mesure de notre champs de conscience, et que le corps en est le messager ultime et suprême. Que tout esprit coupé de ses sensations, donc de sa perception corporelle, dénie la réalité du monde.

*Vivre nu, titre d’un livre de Marie-Christine  Savy-Delabaere, modèle.

Paris, décembre 2008.

Fragment intime d’une séance
Tout d’abord ritualiser mon arrivée sur la sellette (plateau de bois rotatif).
Sourire et saluer. Dérouler le tissu autour du corps et le déposer comme un tapis,  de façon élégante et efficace..
Rester debout nue, présence neutre et charger d’énergie positive, pour cela il faut inspirer et expirer en replaçant le corps sur toute sa verticalité, puis attendre que le silence se fasse. Sentir l’énergie du moment et à travers le silence, partir, en commençant par exemple par un mouvement de bras doux et continu qui s’arrêterait en chemin, fixer la pose jusqu’en ses extrémités, puis en décompter le temps.
Changer, rompre cette première forme à peine apparue sur le papier, déjà disparue et réinitialiser instantanément une autre forme en douceur, logiquement et lisiblement, afin de ne pas heurter l’attention mais au contraire d’asseoir la concentration de l’audience, car nous sommes en début de séance ; compter encore, continuer en tournant sur moi-même de façon à contenter tous les angles de vue et partager un mouvement circulaire.
Je tourne en ajoutant par le jeu des rythmes, du contraste, du caractère, je fais appel à mes connaissances picturales, poétiques, j’observe les énergies créatrices en présence, je lis sur les visages, les corps en action, la fougue, la déception le plaisir ; l’agacement, les luttes intérieures, l’acceptation, et j’en tire force et inspiration pour dompter ma fatigue. Je sens une accalmie mais l’espace de l’atelier est encore bien chargé, je laisse ma conscience descendre un peu plus à l’intérieur je m’intéresse aux parties tendues et relâchées de mon corps nu qui commence à peiner, j’inspire et j’expire là où les tensions se logent, puis je m’oublie, et là après quelques minutes, je reconnais comme par magie que le calme règne enfin.
Chacun est sa place occupé avec ce qui est au plus proche de lui-même, de ses aspirations à la vie aussi, je me permets un long soupir de plaisir discret.
Aujourd’hui, quelle bataille !!



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